Le 21 juin 2012, pour la première fois depuis le premier Séminaire pour hauts responsables en 1999, les participants à ce programme phare du Centre d’études stratégiques de l’Afrique (CESA) ont visité le Capitole et discuté avec un sénateur américain et des cadres du personnel professionnel de la commission des relations étrangères du Sénat.
L’objectif de cette visite au siège du pouvoir législatif des États-Unis était de faire mieux connaître aux participants le rôle du Congrès des États-Unis dans l’élaboration des politiques et de permettre à d’influents parlementaires et leurs collaborateurs d’entendre divers points de vue africains au sujet des politiques des États-Unis.
Le sénateur de Géorgie Johnny Isakson, qui est le républicain de plus haut rang au sein de la sous-commission des affaires africaines de la commission des relations étrangères, a rencontré la délégation de quelque 70 responsables militaires et civils venus de 40 pays africains. Il a fait remarquer que les États-Unis connaissent actuellement de grosses difficultés budgétaires, ce qui oblige à examiner presque toutes les activités du gouvernement en fonction de leur rentabilité. Toutefois, a-t-il dit, « les avantages d’un partenariat avec l’Afrique l’emportent sur le coût. Jusqu’ici, une Afrique démocratique est bonne pour les États-Unis. » Après avoir prononcé quelques mots, il a répondu à de nombreuses questions avant de se retirer pour aller participer à un vote dans l’hémicycle sur une proposition de loi agricole importante.
Pendant leur visite de deux heures, les responsables africains se sont également entretenus avec trois spécialistes du Congrès qui jouent un rôle dans les relations entre les États-Unis et l’Afrique.
Michael V. Phelan, conseiller principal en matière de politiques auprès de la commission des relations étrangères pour le sénateur de l’Indiana Richard Lugar, qui est le républicain de plus haut rang au sein de cette commission, a expliqué comment se fait le travail du Sénat. Les responsabilités de M. Phelan portent sur les affaires africaines, l’Afghanistan ainsi que la stabilisation et la reconstruction après les conflits. Il a indiqué le rôle crucial que joue le personnel du Congrès dans la rédaction des lois, l’organisation des conférences de presse et le déroulement des audiences des commissions. Il participe aussi aux recherches qui aident les élus à prendre des décisions en toute connaissance de cause.
Shannon Smith, cadre supérieur du personnel affecté au président de la commission des relations étrangères du Sénat, le sénateur du Massachusetts John Kerry, a ajouté que le travail effectué par le personnel professionnel du Sénat est essentiel pour aider les membres élus de la commission des relations étrangères à avoir une vision globale de chaque question.
Lauren Ploch Blanchard a parlé du rôle des organes de recherche parlementaire comme le Service de recherche du Congrès (Congressional Research Service ou CRS), qui fait partie de la Bibliothèque du Congrès, où elle est spécialiste des questions africaines. Ce service prépare des analyses impartiales sur les affaires politiques, militaires et diplomatiques africaines, et sur la politique des États-Unis dans cette région, à l’intention des membres du Congrès, des commissions parlementaires et du personnel du Congrès.
« J’ai de nombreux chefs, étant donné que nous sommes apolitiques, a-t-elle dit. Nous [les employés du CRS] cherchons à être aussi objectifs que possible lorsque nous donnons des informations à l’un ou l’autre parti.
Les discussions avec les participants africains ont eu lieu dans le respect de la politique stricte de non-attribution du CESA pour favoriser un dialogue franc. Elles ont porté notamment sur l’aide internationale et le développement économique, l’aide bilatérale dans le domaine de la sécurité et la réponse aux crises humanitaires.
« Ce fut très intéressant, a déclaré un participant à la fin de la réunion. Je comprends mieux maintenant ce qu’est le Congrès des États-Unis et comment il fonctionne. »
Le Séminaire pour hauts responsables, qui s’est ouvert le 18 juin 2012, a offert à quelque 70 officiers militaires et responsables civils de haut rang venus d’Afrique, des États-Unis et d’Europe, ainsi qu’à des représentants d’organisations internationales et régionales, l’opportunité d’examiner et d’analyser l’environnement sécuritaire africain en pleine évolution et de débattre de stratégies visant à relever les défis et à accroître la sécurité de l’Afrique. Ce séminaire de deux semaines devait se tenir du 18 au 29 juin.



