L’amicale de la Guinée organise un symposium sur la RSS et la lutte contre la corruption

Par Africa Center for Strategic Studies
Mis à jour le 07.01.2013

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Le Centre d’études stratégiques de l’Afrique (CESA) s’est associé à l’amicale de la communauté du CESA de la Guinée et à l’ambassade des États-Unis à Conakry pour organiser le 13 décembre 2012 un symposium dans le cadre du Programme d’initiatives thématiques (TOPS) sur la lutte contre la corruption, les relations civilo-militaires et la réforme du secteur de la sécurité. L’événement a réuni près de 60 participants, dont des membres de la communauté du CESA, des militaires, des officiels des secteurs de la justice et de la sécurité de la Guinée, et des représentants de l’ambassade des États-Unis à Conakry, ainsi que de la société civile et des milieux universitaires.

« Les différents sous-thèmes de ce symposium sont liés directement aux problèmes de la gouvernance et de la sécurité qui continuent d’affliger notre monde à l’époque actuelle, a déclaré le ministre guinéen de la Sécurité, Mouramani Cissé, à cette occasion. C’est pour relever ces défis que le gouvernement de la Guinée a entrepris un vaste programme de modernisation et de réforme de l’État. »

Selon M. Cissé, la réforme du secteur de la sécurité sera une composante majeure du processus global de réforme. « Le gouvernement attend beaucoup de la réforme du secteur de la sécurité », a-t-il révélé en soulignant que le programme de RSS de son pays se concentrerait sur le renforcement du cadre législatif et judiciaire du secteur de la sécurité, l’amélioration de l’infrastructure, l’accroissement de la capacité opérationnelle et la mise au point de programmes de formation spécialisés.

M. Diéliman Ousmane Kouyaté, président de la Commission technique chargée de la réforme du secteur des services, a attiré l’attention sur la nécessité d’intégrer toute une gamme d’organismes – gouvernementaux et non gouvernementaux – dans le processus de réforme du secteur de la sécurité.

ACSS Symposium on Security Sector Reform

« La réforme du secteur de la sécurité ne concerne pas uniquement les forces armées. Il ne s’agit pas simplement de se doter d’une bonne armée, a dit M. Kouyaté. C’est une approche multisectorielle de la réforme, qui porte sur la justice, la police, le parlement et la société civile. »

Le professeur Mathurin Houngnikpo, titulaire de la chaire des relations civilo-militaires au CESA, pense que l’une des priorités des efforts de réforme devrait être de veiller à ce que les forces de sécurité du pays soient capables d’améliorer la « sécurité humaine ».

« La sécurité humaine englobe à la fois les droits des citoyens de vivre dans un environnement sûr et la capacité de prendre part à des activités politiques, sociales, religieuses et économiques sans craindre la violence organisée, a dit le professeur Houngnikpo dans son exposé. L’objectif ultime de la politique de sécurité devrait être le bien-être des populations. »

Un autre grand objectif du programme de réforme de la Guinée, a indiqué M. Cissé, « est d’intensifier la lutte contre la corruption au sein du gouvernement, corruption qui, ces dernières années, s’est pratiquement institutionnalisée ».

« La corruption est la menace numéro un pour l’Afrique. Elle est répandue au point de faire partie aujourd’hui de la culture et de la société, a déclaré M. François Falcone, directeur exécutif de l’Agence nationale de promotion de la bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Et il faut, pour régler le problème une solution culturelle, un changement culturel. La lutte contre la corruption est un processus, tout comme le changement culturel est un processus. »

Le professeur Houngnikpo a conseillé d’accorder une grande attention à la réforme des procédures de passation des marchés publics. « Les contrats de projets et de matériaux de travaux publics sont un terrain fertile pour la corruption, a-t-il précisé dans son exposé. La corruption dans les marchés publics est un phénomène structurel qui fait que l’expression passation de marchés est pratiquement synonyme de corruption. »

Il a toutefois souligné que les autorités gouvernementales doivent également accroître la transparence de l’administration publique et du système financier et établir la confiance dans les rapports entre les pouvoirs publics et les citoyens. De plus, a-t-il noté, les gouvernements réformateurs doivent mettre en place un cadre institutionnel qui prévienne la corruption et qui favorise le respect des valeurs éthiques inhérentes à la bonne gouvernance.