Histoire

L’idée de la création d’une institution pour l’Afrique analogue au Centre européen George C. Marshall pour les études sur la sécurité prend naissance au Commandement américain pour l’Europe, en novembre 1994. Dans les textes des rapports du Comité d’affectation des crédits budgétaires de 1996 et 1997, la Commission des relations internationales de la Chambre des représentants, présidée par l’ancien représentant Ronald Dellums (Démocrate, Californie), y encourage le Département de la Défense à créer un Centre pour les Affaires africaines. En mars 1998, le président Bill Clinton effectue le premier voyage d’un président des États-Unis en Afrique subsaharienne en vingt ans. Il y évoque la Le Centre d’études stratégiques de l’Afrique  - Davis Hallpromotion d’un partenariat entre les États-Unis et l’Afrique pour le XXIe siècle, fondé sur le respect et les intérêts mutuels et propose la création d’un Centre pour l’Afrique « à la Marshall ». Mme Susan Rice, Secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines, précise par la suite que ce Centre constituera « un forum pour les hauts responsables civils et militaires pour étudier ensemble des questions complexes en matière de politique de défense et donner une formation pour renforcer les relations entre civils et militaires dans les démocraties naissantes ».

En janvier 1999, le Bureau des Affaires africaines, avec l’appui de dirigeants, scientifiques et décideurs africains, européens et américains, convoque une conférence pour la préparation du cursus. Ces partenaires envisagent l’ouverture d’un Centre qui offrirait un environnement pédagogique interactif pour encourager un débat ouvert et franc sur les rôles appropriés des forces militaires dans les démocraties. Selon eux, le Centre devra se consacrer « à contribuer à la paix, à la sécurité et au bien-être régionaux en amenant les dirigeants africains au dialogue ».

En mars 1999, le Centre d’études stratégiques de l’Afrique (CESA) est officiellement inauguré et installe son siège à Arlington, en Virginie. Mme Nancy J. Walker, dont l’inspiration et les efforts sont à la base de la création du CESA, en sera le premier directeur. Aujourd’hui, le CESA est l’un des cinq centres régionaux consacrés à la promotion de la bonne gouvernance et des valeurs démocratiques dans les secteurs de la défense et de la sécurité dans le monde entier.

Le CESA tient sa première manifestation, le Séminaire pour hauts responsables, à Dakar (Sénégal) en mai 1999 et y rassemble, pendant deux semaines de travaux didactiques intenses, 115 dirigeants civils et militaires, ainsi que des représentants de la société civile venus d’Afrique, d’Europe et des États-Unis. Cinquante pays africains y sont représentés. Dans les années qui suivent, d’autres programmes viennent s’ajouter au cursus du CESA, notamment des séminaires sous-régionaux, des ateliers sur le contre-terrorisme et des programmes portant sur l’économie de la défense et les relations entre civils et militaires. Depuis sa création, plus de 3.500 dirigeants africains et d’ailleurs ont pris part aux programmes du CESA qui, en 2009, organise 12 programmes universitaires importants par an.

En septembre 2003, le général Carlton R. Fulford, prend la direction du CESA après une longue carrière émérite dans le Corps des Marines. Il a pris cette année sa retraite après avoir rempli les fonctions de Commandant adjoint du Commandement américain pour l’Europe, chargé de l’Afrique.

En février 2004, le Centre déménage et s’installe sur le campus de l’Université de la Défense nationale du Département de la Défense, au Fort Lesley J. McNair, à Washington, pour s’intégrer plus complètement dans la communauté de l’université. La majorité du corps enseignant et du personnel du CESA ont leurs bureaux dans trois bâtiments historiques de cette base militaire, l’une des plus anciennes des États-Unis (établie en 1791).

Sachant combien il est difficile d’entretenir des relations actives avec un nombre toujours croissant d’anciens participants aux programmes du CESA, le général Fulford encourage ces derniers à créer des « Amicales de la communauté » pour établir des réseaux de communication permanente entre décideurs du secteur de la sécurité. La première Amicale ouvre ses portes le 18 octobre 2003, au Mali. Aujourd’hui, on en compte 22. Ces amicales sont toutes des organisations indépendantes, non gouvernementales et non politiques dont les membres souhaitent poursuivre le dialogue sur la stabilité et la sécurité de leurs pays et de leurs régions.

Outre ces initiatives communautaires en Afrique, le CESA garde le contact avec ses principaux partenaires à Washington. Les attachés de Défense africains à Washington constituent un lien important entre le CESA et la communauté diplomatique africaine aux États-Unis. Le CESA prévoit également la création d’une amicale aux États-Unis, qui regroupera d’anciens participants du gouvernement américain et des membres des milieux diplomatiques à Washington. En créant cette amicale, le CESA souhaite renforcer ses relations avec les professionnels du secteur de la sécurité aux États-Unis qui connaissent bien les affaires africaines.

En 2005, le CESA propose son premier cours pour la « Prochaine génération des dirigeants militaires africains » portant sur la valorisation du professionnalisme, de l’éthique et du leadership des officiers africains de niveau intermédiaire. Ce programme vise à étoffer l’éducation professionnelle de ces officiers en les aidant à passer du niveau de planification tactique à l’échelon stratégique. Le sixième cours pour la Prochaine génération s’est tenu au début de 2009.

Le général Fulford a également lancé la création d’un bureau en Afrique pour permettre au CESA d’améliorer l’efficacité de ses activités et d’appuyer les intérêts des États-Unis en mati ère de sécurité dans la région. Selon le général, un bureau en Afrique permettrait de renforcer les rapports du CESA avec les gouvernements africains, les organisations régionales et sous-régionales, le personnel des ambassades des États-Unis et les amicales du CESA.

En 2006, l’Ambassadeur Peter R. Chaveas (à la retraite), directeur adjoint du CESA sous le général Fulford, prend la direction du CESA. Troisième directeur du CESA, l’Ambassadeur Chaveas s’attache à valoriser les rapports entre le CESA et les organisations régionales et sous-régionales en Afrique et jette les bases des rapports de travail avec le Commandement américain pour l’Afrique (USAFRICOM) nouvellement créé. Il coordonne également l’inauguration du premier bureau régional du CESA, à Addis-Abeba (Éthiopie) en 2006. En novembre 2008, un deuxième bureau régional s’ouvre, à Dakar (Sénégal), afin de promouvoir le dialogue entre les dirigeants africains et américains sur des thèmes d’intérêt commun concernant la sécurité.

Pour rehausser la qualité des réseaux du CESA en Afrique, en juillet 2007 le Centre lance son programme d’initiatives thématiques (TOPS). Dans le cadre de celui-ci, le CESA coparraine avec les amicales des programmes thématiques sur des thèmes relatifs à la sécurité recommandés par les amicales. Au cours de ces visites, le CESA rencontre les ambassadeurs des États-Unis et leurs collaborateurs principaux, ainsi que des responsables de niveau supérieur des autorités publiques et militaires africaines, pour renforcer l’appui aux amicales. À cette date, le CESA a organisé 60 programmes d’initiatives thématiques dans 30 pays. Le CESA organise également des conférences continentales et régionales sur le leadership communautaire, pour renforcer les capacités des amicales d’atteindre les buts qu’elles se sont fixés.

En octobre 2008, l’Ambassadeur William M. Bellamy (à la retraite) devient directeur du CESA. Il était auparavant Ambassadeur des États-Unis au Kenya, de 2003 à 2006, période pendant laquelle il a dirigé les programmes de sécurité des États-Unis dans la Corne de l’Afrique. De 2001 à 2003, il a été sous-secrétaire d’État adjoint principal aux Affaires africaines. À la direction du CESA, M. Bellamy souhaite poursuivre le renforcement des capacités de maintien de la paix en Afrique. En outre, le CESA reste axé sur les menaces émergentes en Afrique, notamment la relation entre la détérioration de l’environnement et la sécurité nationale. L’un des objectifs exprimés par l’Ambassadeur Bellamy est de mettre en valeur les relations établies avec l’USAFRICOM en poursuivant l’appui didactique et de diffusion externe auprès de ce commandement militaire.

2009 marque notre 10e anniversaire : le CESA continue d’exprimer son engagement à long terme envers l’Afrique par le biais de son excellence universitaire et de ses initiatives communautaires énergiques. Il poursuit sa croissance et la diversification de ses programmes, à Washington et en Afrique, et souhaite renforcer son réseau de professionnels de la sécurité, dans le monde entier, tout en approfondissant les conversations et les débats sur les questions relatives à la sécurité en Afrique, à la recherche d’un continent plus prospère et pacifique.